Comment Créer de la Musique avec l'IA : Le Guide Complet du Débutant
- Stéphane Guy

- il y a 3 heures
- 14 min de lecture
La création musicale assistée par intelligence artificielle n'est plus une simple curiosité technologique. Elle transforme aujourd'hui la manière dont les musiciens amateurs et les professionnels composent, produisent et expérimentent. Là où il fallait autrefois maîtriser un instrument, comprendre le solfège et/ou investir dans du matériel coûteux, quelques instructions textuelles suffisent désormais pour générer une chanson complète. Cette démocratisation soulève autant d'enthousiasme que de questions : jusqu'où peut-on aller sans connaissances musicales ? Ces outils remplacent-ils vraiment la créativité humaine ? Et surtout, comment s'y prendre concrètement quand on débute ? Ce guide vous accompagne pas à pas dans l'univers de la composition musicale par IA.

En bref
Des outils accessibles sans compétences musicales : les générateurs d'IA permettent de créer des morceaux complets à partir de simples descriptions textuelles, sans formation préalable.
Plusieurs approches possibles : génération automatique de chansons complètes, création d'instrumentaux, amélioration de compositions existantes ou production assistée pour musiciens confirmés.
Gratuit ou payant selon vos besoins : la plupart des plateformes proposent des versions gratuites limitées, les abonnements commencent généralement autour de 10€/mois.
Qualité professionnelle atteignable : les modèles récents produisent des résultats étonnamment convaincants, parfois indiscernables de productions humaines sur certains genres.
Questions juridiques encore floues : la propriété intellectuelle, les droits d'auteur et l'utilisation commerciale varient selon les plateformes et restent un terrain mouvant.
Pourquoi l'IA musicale change vraiment la donne
On ne compte plus les révolutions technologiques annoncées dans la musique. Des synthétiseurs analogiques aux stations audionumériques, chaque innovation a redéfini les possibilités créatives. L'intelligence artificielle s'inscrit dans cette lignée, mais avec une particularité : elle ne se contente pas d'ajouter de nouveaux outils, elle modifie la nature même du processus créatif.
Pour la première fois, créer de la musique ne nécessite plus de compétence technique préalable. Un marketeur peut composer le jingle de sa campagne publicitaire. Un enseignant peut illustrer musicalement ses cours. Un créateur de contenu peut produire des bandes-son personnalisées pour ses vidéos. Cette accessibilité bouleverse les codes établis.
Taryn Southern, artiste américaine pionnière de la musique IA, a sorti en 2017 l'album "Break Free", composé avec des outils d'intelligence artificielle. Dans une interview à The Verge, elle expliquait connaître "très peu à propos de la théorie musicale". Elle ne savait pas "comment jouer ce que j’entendais dans ma tête", d’où son recours à l’intelligence artificielle pour composer ses musiques.*
Cette déclaration illustre parfaitement le changement de paradigme : l'IA devient un collaborateur créatif qui compense les lacunes techniques tout en préservant l'intention artistique.
Mais attention aux illusions. Si ces outils démocratisent la création, ils ne remplacent pas encore le jugement artistique, la capacité à structurer un morceau ou à affiner une production. Ils déplacent simplement les compétences nécessaires : moins de technique instrumentale, davantage de direction créative et d'itération.
Envie de vous faire votre propre avis ? On vous invite à découvrir les musiques créées par IA sur notre site 360°IA !
Les différentes façons de créer avec l'IA musicale
Contrairement à l'idée reçue, la création musicale par IA ne se résume pas à générer des chansons aléatoires. Plusieurs approches coexistent, chacune répondant à des besoins différents.
Génération complète de chansons
C'est l'approche la plus spectaculaire et celle qui fait régulièrement le buzz sur les réseaux sociaux. Des plateformes comme Suno AI ou Udio permettent de créer des morceaux complets avec voix, instruments et structure, uniquement à partir d'une description textuelle.
Vous écrivez "chanson pop entraînante sur le thème des vacances d'été, voix féminine enjouée, guitare acoustique et percussions légères", et l'IA génère en quelques instants un titre de plusieurs minutes. Les résultats peuvent être étonnamment convaincants, notamment sur des genres comme la pop, le rock alternatif ou l'électro.
L'utilisateur conserve la possibilité d'affiner sa demande, de régénérer certains passages ou de combiner plusieurs générations. C'est particulièrement adapté pour les créateurs de contenu qui ont besoin rapidement d'illustrations musicales personnalisées.
Création d'instrumentaux et de boucles
Pour ceux qui souhaitent uniquement une base musicale sans paroles, d'autres outils se spécialisent dans la génération d'instrumentaux. Soundraw ou Soundful proposent de créer des ambiances musicales personnalisées par genre, tempo, émotion et instruments.
Ces plateformes s'adressent principalement aux vidéastes, podcasteurs ou développeurs de jeux vidéo qui cherchent des bandes-son libres de droits et adaptables. L'interface permet généralement de modifier l'intensité de différents passages, d'ajuster la structure ou de régénérer certaines sections.
L'avantage ? Une flexibilité importante et des exports dans différents formats adaptés à la production audiovisuelle. L'inconvénient ? Une certaine uniformité sur certains genres très sollicités.
Assistance à la composition pour musiciens
Les musiciens confirmés trouvent leur compte dans des outils plus spécialisés qui assistent sans remplacer. AIVA (Artificial Intelligence Virtual Artist) ou Amadeus Code génèrent des progressions d'accords, des mélodies ou des arrangements que les compositeurs peuvent ensuite affiner dans leur logiciel de production préféré.
Magenta Studio, développé par Google, propose des plugins pour Ableton Live qui génèrent des variations mélodiques, des continuations harmoniques ou des rythmes à partir de ce que vous jouez. L'IA devient ici un partenaire créatif qui suggère des directions auxquelles vous n'auriez pas pensé.
Cette approche collaborative préserve le contrôle artistique tout en exploitant la capacité de l'IA à explorer rapidement des milliers de possibilités musicales.
Production et mastering assistés
Au-delà de la composition pure, l'IA investit également les étapes de production et de finalisation. LANDR, iZotope Ozone ou eMastered analysent vos morceaux et appliquent automatiquement compression, égalisation et mastering en s'adaptant au genre musical.
Ces services rendent accessible une étape autrefois réservée aux studios professionnels. Pour une somme moindre, vous obtenez un mastering de qualité acceptable, même si les oreilles expertes distinguent encore la différence avec un travail humain personnalisé.

Comment démarrer concrètement : le parcours pas à pas
Passons à la pratique. Vous n'avez jamais touché à ces outils et voulez créer votre premier morceau ? Voici un guide pas à pas pour mieux comprendre comment faire.
Étape 1 : Choisir la bonne plateforme selon votre objectif
Ne vous lancez pas au hasard. Votre choix dépend de ce que vous voulez obtenir et de votre niveau d'exigence. Pour un premier essai rapide et gratuit, Suno AI reste difficile à battre. L'interface est intuitive, les résultats arrivent vite et la version gratuite permet de générer plusieurs morceaux par jour.
Si vous visez plutôt des instrumentaux pour vos vidéos YouTube, Soundraw ou Beatoven.ai proposent des interfaces encore plus simples, avec des curseurs pour ajuster l'ambiance, le tempo et l'intensité.
Les musiciens qui veulent davantage de contrôle technique se tourneront vers AIVA ou Boomy, qui offrent plus de paramètres mais nécessitent un temps d'apprentissage supérieur.
notre comparatif complet des meilleurs générateurs de musique IA détaille les forces et faiblesses de chaque solution selon vos besoins spécifiques.
Étape 2 : Formuler une demande efficace
C'est ici que tout se joue. Une description vague donnera des résultats génériques. Une consigne trop complexe risque de perdre l'IA. L'équilibre se trouve dans la précision ciblée.
Plutôt que d'écrire "une belle chanson", préférez : "Ballade folk acoustique, voix masculine mélancolique, guitare sèche et harmonica, ambiance route désertique, tempo lent à 70 BPM".
Les éléments à préciser systématiquement :
Le genre musical (soyez spécifique : pas juste "rock" mais "rock alternatif années 90 type Radiohead")
L'instrumentation principale (guitare acoustique, piano, synthétiseurs, batterie électronique...)
Le caractère vocal (voix masculine/féminine, timbre grave/aigu, style mélodique/rappé...)
L'ambiance émotionnelle (joyeux, nostalgique, énergique, contemplative...)
Des références culturelles ou artistiques (optionnel mais parfois efficace)
N'écrivez pas vos prompts en français si vous utilisez des plateformes internationales. L'anglais donne généralement de meilleurs résultats, les modèles étant principalement entraînés sur des données anglophones.
La manière de faire le “prompt” n’est donc pas anodine, et montre ici que plus vous aurez de connaissances musicales et/ou une idée précise de ce que vous souhaitez faire, et plus le résultat sera efficace. En effet, fournir des données précises à l’IA comme les notions de tempo, de vocalise, de BPM, etc… lui permettra de bien mieux cerner votre demande, plutôt que de simplement dire “rythme rapide”. Le résultat peut toutefois ne pas être au rendez-vous, dans la mesure où chaque génération musicale est différente de la précédente, et vous aurez parfois besoin de générer plusieurs fois le même prompt pour trouver un résultat qui vous convient.
Cela vient confirmer une approche de la création musicale par IA : plus vous avez de compétences dans le domaine et plus le résultat sera efficace. Sans instructions de qualité, l'IA ne peut pas faire de miracles. Elle est donc une aide pour les spécialistes et un accélérateur pour les débutants, et non pas un substitut sur le long-terme.
Étape 3 : Itérer sans se décourager
Votre première génération sera donc rarement satisfaisante. C'est normal et ça ne remet pas en cause votre capacité à utiliser l'outil. L'IA musicale fonctionne par essai-erreur, comme la photographie numérique ou le montage vidéo.
Régénérez plusieurs versions avec la même consigne. Vous constaterez des variations importantes, parfois surprenantes. Ensuite, affinez progressivement votre prompt en fonction de ce qui fonctionne ou pas.
Si la voix ne vous convient pas, précisez le timbre souhaité. Si l'instrumentation est trop chargée, demandez explicitement "arrangement minimaliste". Si le rythme semble décalé, indiquez le tempo exact en BPM.
Certaines plateformes permettent de régénérer uniquement l'introduction, le refrain ou le pont. Exploitez cette fonctionnalité plutôt que de tout recommencer systématiquement.
Étape 4 : Exploiter et personnaliser le résultat
Une fois votre morceau généré, plusieurs possibilités s'offrent à vous selon votre niveau technique et vos objectifs.
L'utilisation la plus simple : télécharger le fichier audio et l'intégrer directement à votre projet (vidéo, podcast, présentation...). La plupart des plateformes proposent des exports en MP3 ou WAV de qualité correcte.
Pour aller plus loin, importez le fichier dans un logiciel d'édition audio gratuit comme Audacity ou GarageBand. Vous pourrez alors :
Couper certaines sections pour créer une boucle parfaite
Ajuster les niveaux sonores entre différentes parties
Ajouter des effets (réverbération, écho, filtres...)
Combiner plusieurs générations d'IA différentes
Les plus motivés peuvent même extraire les stems (pistes séparées pour voix, batterie, basse, etc.) quand la plateforme le permet, et retravailler chaque élément individuellement dans une station audionumérique (DAW) comme Ableton Live ou FL Studio.
Cette approche hybride, mêlant génération IA et édition humaine, produit souvent les résultats les plus intéressants et personnalisés.
Étape 5 : Comprendre vos droits et limites d'utilisation
Avant de publier ou commercialiser votre création, vérifiez impérativement les conditions d'utilisation de la plateforme employée. C'est beaucoup moins glamour que la création, mais ça évite des problèmes juridiques ultérieurs.
Suno AI, par exemple, précise dans ses conditions que les utilisateurs de la version gratuite ne possèdent pas les droits commerciaux sur leurs créations. Seuls les abonnés payants peuvent monétiser leurs morceaux (et uniquement des nouvelles musiques créées, les droits ne sont pas rétroactifs !).
D'autres plateformes comme Soundraw accordent des licences d’utilisation même sur les plans gratuits, mais avec des restrictions sur le nombre de téléchargements mensuels ou sur les modalités de publication et d’utilisation de vos sons.
La question de la propriété intellectuelle reste complexe. En Europe, la situation juridique demeure floue et évoluera probablement avec les régulations en cours. Dans le doute, considérez vos créations IA comme des outils de travail plutôt que des œuvres finales protégeables.
Les limites actuelles à connaître dans la création de musiques par IA
Soyons francs : la création musicale par IA impressionne, mais elle n'est pas magique. Plusieurs contraintes persistent et conditionnent ce que vous pouvez raisonnablement attendre.
La cohérence narrative et émotionnelle des musiques générées par intelligence artificielle
Les IA actuelles excellent à reproduire des patterns musicaux, mais peinent à construire une progression émotionnelle subtile sur la durée d'un morceau. Un pont qui devrait créer une montée en tension arrive parfois trop tôt ou trop tard. Un refrain qui devrait éclater sonne étrangement retenu.
Cette limitation s'explique par le fonctionnement même des modèles génératifs : ils prédisent localement ce qui devrait suivre, sans vision d'ensemble de l'arc narratif du morceau. Un compositeur humain pense structure et climax. L'IA jongle avec des probabilités séquentielles.
Les paroles parfois incohérentes des musiques par IA
Si vous générez une chanson avec des paroles, attendez-vous à des surprises. Certes, l'IA aligne des mots qui riment et qui s'insèrent correctement dans la mélodie. Mais le sens global vacille souvent. Des métaphores hasardeuses, des changements de sujet abrupts, des répétitions maladroites.
Sur des genres où les paroles importent moins (électro, musique d'ambiance, instrumental), ce n'est pas un problème. Sur une ballade folk ou du rap, ça se remarque immédiatement. Certains utilisateurs contournent le problème en fournissant leurs propres paroles et en demandant uniquement la composition musicale.
Pour pallier cela, n’hésitez pas à fournir directement vos propres paroles quand l’outil le permet. Vous pouvez par exemple faire comme sur 360°IA : créer vos paroles via l’intelligence artificielle générative type ChatGPT ou Gemini, puis utiliser cette création dans des générateurs de musique !
Les artefacts sonores résiduels
Écoutez attentivement vos générations au casque. Vous remarquerez parfois des craquements fugaces, des transitions imparfaites entre sections, des résonances étranges sur certains instruments. Ces artefacts, bien que moins fréquents qu'il y a deux ans, n'ont pas disparu.
Les modèles récents comme ceux de Suno v4 ou Udio v1.5 ont considérablement réduit ces défauts, mais ils ressurgissent surtout sur des demandes complexes avec beaucoup d'instruments ou des changements brusques d'ambiance.
La difficulté à reproduire exactement une idée
Contrairement à un logiciel de composition traditionnel où vous placez chaque note précisément où vous le souhaitez, l'IA générative reste partiellement imprévisible. Vous pouvez décrire avec précision ce que vous voulez, régénérer vingt fois, et ne jamais obtenir exactement ce que vous aviez en tête.
Cette incertitude fait partie du processus. Certains la trouvent frustrante. D'autres l'apprécient comme source de sérendipité créative : des accidents heureux qu'ils n'auraient pas imaginés seuls.

Les questions juridiques et éthiques à garder en tête
Au-delà des aspects purement techniques, créer de la musique avec l'IA soulève des interrogations plus profondes qui méritent qu'on s'y arrête.
L'entraînement des modèles sur des œuvres existantes
Tous les générateurs musicaux actuels ont été entraînés sur d'immenses catalogues de chansons existantes. Des millions de morceaux ingérés, analysés, décortiqués pour en extraire des patterns. Cette pratique suscite des protestations légitimes d'artistes qui voient leurs créations utilisées sans autorisation ni rémunération pour développer des outils commerciaux.
En avril 2024, plus de 200 artistes ont signé une lettre ouverte demandant de “faire preuve de vigilance pour ne pas mettre en danger la création humaine.”
Le débat ressemble à celui qui agite l'IA générative d'images ou de textes : où se situe la frontière entre l'apprentissage légitime et l'exploitation non autorisée ? La jurisprudence se construit progressivement, mais reste largement incertaine.
L'impact sur les musiciens et compositeurs professionnels
Difficile d'ignorer la question : ces outils menacent-ils les emplois dans la musique ? La réponse honnête : oui, pour certains segments du marché. Les compositeurs de musiques d'illustration ou encore les créateurs de jingles pourraient voir leur activité fragilisée.
En revanche, les artistes qui apportent une identité forte, une signature reconnaissable ou une capacité à créer de l'émotion singulière ne seront pas remplacés par des algorithmes. L'IA excelle dans la compétence technique et la reproduction de styles existants, pas dans l'originalité radicale, la création de nouveaux genres ou encore la puissance émotionnelle qui peut intervenir dans l’élaboration d’une musique.
Le musicien britannique Nick Cave a exprimé cette distinction avec clarté dans une newsletter adressée à ses fans :
"Songs arise out of suffering, by which I mean they are predicated upon the complex, internal human struggle of creation and, well, as far as I know, algorithms don't feel. Data doesn't suffer."* (« Les chansons naissent de la souffrance, c'est-à-dire qu'elles reposent sur le combat intérieur complexe que représente la création humaine. Or, à ma connaissance, les algorithmes ne ressentent rien. Les données ne souffrent pas. »)
Cette vision pointe une réalité : l'IA reproduit, elle n'invente pas vraiment. Pas encore.
La question de l'authenticité artistique
Peut-on parler d'art quand une machine compose ? Cette interrogation traverse toutes les révolutions technologiques dans la création. On l'a entendue lors de l'apparition de la photographie ("ce n'est plus de la peinture"), de la musique électronique ("ce ne sont pas de vrais instruments"), ou de l'autotune ("ce n'est plus du vrai chant").
À chaque fois, le débat a fini par se déplacer : ce qui compte n'est pas l'outil mais l'intention, la sensibilité et les choix de celui qui l'utilise. Un photographe reste un artiste même si l'appareil capture mécaniquement l'image. Un producteur de musique électronique reste un créateur même s'il ne joue d'aucun instrument traditionnel.
L'IA musicale s'inscrit dans cette continuité. Elle élargit la palette des possibles, sans résoudre la question fondamentale : qu'avez-vous à exprimer et comment le faites-vous ?
Conclusion : l'IA comme porte d'entrée, pas comme finalité
L'accessibilité de la création musicale par intelligence artificielle représente une avancée technologique et culturelle indéniable. Elle permet à quiconque possède une intention créative de la matérialiser sans barrière technique. Reste à déterminer ce que vous voulez en faire.
Pour certains, ces outils suffiront : créateurs de contenu cherchant des illustrations musicales, entrepreneurs ayant besoin de jingles personnalisés, amateurs curieux d'expérimenter sans investissement. Pour d'autres, ils constitueront une première étape vers un apprentissage plus approfondi de la musique, un déclencheur de curiosité qui mène ensuite vers des formations, des instruments réels, des collaborations humaines.
L'erreur serait de considérer l'IA comme un aboutissement. Elle reste un outil, remarquablement puissant certes, mais qui ne pense pas, ne ressent pas et ne créera jamais rien qui ne soit déjà inscrit dans ses données d'entraînement. L'originalité, la prise de risque artistique, l'expression d'une expérience humaine singulière : tout cela continue de relever de votre responsabilité.
Alors oui, créez avec l'IA. Explorez ses possibilités, testez ses limites, amusez-vous avec ses suggestions parfois absurdes. Mais n'oubliez pas que la technologie la plus sophistiquée ne remplacera jamais une question essentielle : qu'avez-vous à dire, et pourquoi la musique serait-elle le meilleur moyen de l'exprimer ?
FAQ
Peut-on créer de la musique avec l'IA sans aucune connaissance musicale ?
Oui, c'est précisément l'intérêt principal de ces outils. Les plateformes grand public comme Suno, Udio ou Soundraw ne nécessitent aucune formation musicale. Vous décrivez ce que vous voulez en langage naturel, et l'IA s'occupe du reste. Évidemment, quelques connaissances de base (reconnaître un tempo rapide d'un tempo lent, distinguer les principaux genres musicaux, connaître un peu de vocabulaire musical) amélioreront vos résultats, mais elles ne sont pas obligatoires pour commencer.
Combien coûte la création de musique par IA ?
La plupart des plateformes proposent des versions gratuites limitées permettant de générer quelques morceaux par jour. Pour un usage régulier, les abonnements s'échelonnent généralement entre 10 et 30€ par mois. Des outils plus professionnels comme AIVA atteignent 30-50€/mois pour des fonctionnalités avancées et des droits commerciaux étendus. Si vous débutez, commencez par les versions gratuites pour tester avant d'investir.
Les musiques générées par IA peuvent-elles être utilisées commercialement ?
Cela dépend intégralement de la plateforme utilisée et du type d'abonnement. Beaucoup d'outils gratuits interdisent l'utilisation commerciale ou imposent des crédits d'attribution. Les formules payantes incluent généralement des droits commerciaux, mais lisez attentivement les conditions : certaines plateformes conservent une co-propriété sur les créations, d'autres limitent les revenus que vous pouvez générer, d'autres encore imposent des restrictions sectorielles (pas de publicité, pas de streaming, etc.). Vérifiez toujours avant de monétiser.
La qualité est-elle comparable à de la musique produite par des humains ?
Sur certains genres formatés et relativement simples (pop mainstream, électro d'ambiance, lo-fi chill), les résultats peuvent tromper une oreille non avertie. La qualité a spectaculairement progressé depuis 2023. En revanche, sur des compositions complexes nécessitant une richesse harmonique subtile, des arrangements élaborés ou une profondeur émotionnelle, l'écart avec des productions humaines professionnelles reste perceptible. Pour des utilisations comme l'illustration de contenus, la musique de fond ou les projets personnels, la qualité suffit largement. Pour de la diffusion commerciale exigeante, une retouche humaine reste souvent nécessaire.
Peut-on créer n'importe quel style musical avec l'IA ?
En théorie oui, en pratique certains genres fonctionnent mieux que d'autres. Les styles les plus représentés dans les données d'entraînement (pop, rock, électro, hip-hop) donnent de meilleurs résultats que des genres de niche (free jazz expérimental, black metal atmosphérique, musique contemporaine savante). Les modèles peinent également sur des traditions musicales non-occidentales moins présentes dans leurs bases d'apprentissage. Attendez-vous à des résultats plus génériques sur les styles moins courants.
Faut-il déclarer qu'une musique a été créée par IA ?
Si vous utilisez la musique dans un contexte commercial, le contractant peut l'exiger. Cela dépend aussi des conditions spécifiques à certaines plateformes qui peuvent exiger d’être créditées. Éthiquement, la transparence semble préférable, surtout si vous prétendez à une démarche artistique. Certaines plateformes de distribution musicale (Spotify, Apple Music) commencent à demander l'identification des contenus générés par IA, même si les règles restent floues et peu appliquées. Dans le doute, mieux vaut être transparent que risquer une polémique ultérieure.
Combien de temps faut-il pour créer un morceau avec l'IA ?
Entre quelques minutes et plusieurs heures, selon votre exigence. Générer un premier résultat prend littéralement 2-3 minutes sur la plupart des plateformes. Mais obtenir quelque chose qui vous satisfait vraiment nécessite généralement plusieurs itérations, des ajustements de prompts, parfois des retouches en post-production. Comptez une demi-heure à une heure pour un morceau simple dont vous serez content, davantage si vous visez un résultat plus travaillé ou si vous combinez plusieurs générations.







Commentaires